Réveillez-vous de vous
Si comprendre c’est prendre avec ce que l’on sait déjà ;
ce que l’on est déjà…
Alors ce n’est pas une révolution,
c’est une appropriation, une assimilation
Accordez-vous le temps de ne pas comprendre
N’incluez pas dans votre nature
Voyez si vous pouvez être retourné hors de tout concept
par-delà la croyance en votre existence
•
Avant la sensation, avant la représentation
Il y a sans “vous qui êtes”
comme il y a aussi “sans vous” qui êtes
Il y a sans être
délivré de ce poids
Il y a Rien, révélé en tout
L’Absolu, l’Éveil, le Réel
Immédiat
Total, Radical
•
À l’aune du Réel
Illusion, vérité
font histoire fausse, histoire vraie
Matérialité, spiritualité
choses fabriquées
Mondes visibles, mondes invisibles
figurations animées
Et la conscience
instrument pour accoucher d’une réalité
•
La conscience éclairée pour se rapprocher au plus près de la vérité ;
il faut s’en détacher pour dans le Réel se retrouver renversé
Q’il subsiste un contenu de conscience,
quel que soit sa valeur de vérité…
Et la transparence est troublée
Une compréhension aussi profonde soit-elle reste un bout d’histoire qui vous fait croire
Vous êtes là, une image est là
la Clarté est altérée
Une chose le regard a figé
le Réel est voilé
•
Ces mots sont-ils lus par vous ou perçus hors de vous ?
Font-ils peser une compréhension qui appelle à raisonner ?
Ou viennent-ils réveiller une Liberté qui se passe d’un libéré ?
Dois-je gagner en subtilité,
ce personnage l’affiner ?
Ou puis-je me traverser en totalité sans avoir à me transformer ?
•
Parce que le Réel…
L’idée de soi, ça la balaye pour de vrai
Ce n’est pas de vous abandonner,
en confectionner une nouvelle identité !
Ça c’est la spiritualité !
•
En Absolu,
vous êtes Tout de n’être pas
Remettant les choses à l’endroit
Dieu lui-même n’existe pas
•
Vous, le Réel, vous êtes vu
mais cela est vu sans vous
•
Le Réel, l’Universel
Délivré de l’existence
Délivré de la croyance
Délivré de l’expérience
•
Rien qui ne soit
Ce n’est pas la réalité s’en détourner,
s’y opposer
Rien précède,
dépasse
Imprègne tout ce qui est sans s’y référer
Ce que vous étiez, vous le devenez
Vous vous précédez
•
De n’être Rien, vous êtes Tout ;
d’être Tout, vous n’êtes Rien
Du point de vue du Réel
l’Absence vivante est une implosion d’Êtreté
À votre paroxysme il n’y a pas Vous qui êtes existé ;
ni désigné, ni déterminé
Votre êtreté précède l’identité
Au cœur de la Présence
rayonne l’Absence en sa Gloire révélée
•
À l’aune du Réel, “être” paraît si limité… inventé ;
un simple expérimenté
Vous n’êtes pas votre vie en train de se dérouler
Rien qui ne devienne, aucune chose ;
c’est Plein, Entier
•
Vint se retourner
Vient la pensée
Vient le représenté
Vient la possibilité que quelque chose puisse se jouer
Vient se distinguer
Vient s’inventer exister
Apparaît la réalité qui transpire sa vérité
Vient la personne pour se prendre pour qui elle est
et ainsi la preuve de sa réalité perpétuer
•
L’idée “soi”
Un précipité, un coagulé
Vient s’expérimenter “exister”
avec l’avènement de l’identité
Dans une réalité vous n’êtes que cela : “exister”
et de fait vous le devenez
La personne est expérimentée ;
par des éprouvés, elle est convoquée
Plaisir et souffrance vous y croyez, vous les vivez ;
pourtant là où c’est perçu, il n’y a en réalité personne pour en être affecté
•
Quand la compréhension vient s’embraser
l’Illimité se retrouve embrassé par une entière vacuité
Vous disparaissez
et avec vous, toutes les histoires que vous portez
L’intelligibilité à son acmé
de tout contenu va se vider
Absence d’un qui détient ;
plus de chose détenue
Libéré de la connaissance
Tout autant préservé de l’ignorance
•
Absence Vivante par tout exhalée
qu’aucune vérité ne pourra jamais conceptualiser
C’est comme si d’avoir été si longtemps en apnée
enfin pour la première fois vous respiriez !
•
Au paroxysme de la sensation
il y a celle qui se goûte de n’être pas
Pas colorée, pas graduée
Pas éprouvée, pas adressée
•
N’oublie pas qu’au plus près de toi
intrinsèquement… absolument parlant
Tu n’es Pas !
Et c’est bien cela qui ouvre la possibilité que tu sois
•
Rien en Totalité
aucune chose quelle qu'elle soit
Permet que naisse une possibilité ;
que se manifeste une potentialité
•
Rien qui ne soit pas déjà dans le futur réalisé
Ouvrant de ce fait la possibilité d’exister dans un passé
Rien qui ne se soit pas déjà achevé
Ouvrant de ce fait la possibilité de se présenter
Rien qui ne se soit pas déjà unifié en totalité
Ouvrant de ce fait la possibilité de se distinguer
Rien qui ne se soit pas déjà vide de tout représenté
Ouvrant de ce fait la possibilité de se présenter dans la pensée
•
Saisir, relier, entraîner des effets
c’est la réalité
Tout décompris, délié, libéré
c’est le Réel, l’Universel
•
Le Réel
sans projet, pleinement achevé
n’a jamais débuté
S’il permet qu’un usage en soit fait pour que vienne s’expérimenter exister
en cela il n’est pas impliqué, ne vient rien gouverner
•
Le Réel
étranger même à l’idée de Paix ou d’Unité
Il n’y a rien à réunifier, à pacifier de ce qui jamais n’a existé, n’a été séparé !
•
Chercher c’est comme un ressort le comprimer
Trouver c’est laisser la détente opérer
et se retrouver propulsé hors de tout représenté
Chercher pour cesser de chercher
Au cœur du trouvé faire une percée
La recherche sur elle-même s’est retournée
•
“Ce n’est pas ceci, ce n’est pas cela…”
même de n’être pas, ce n’est pas
Du trouvé, rappelle-toi de tout réfuter
Alors une ouverture se créée
l’Absence est illuminée
C’est LA réponse qu’aucun trouvé ne vient refermer
•
Vous étiez un regard
vous êtes devenu l’espace dans lequel il s’est dilué
Qu’il vienne à se refermer
à nouveau quelque chose est retenu, quelqu’un est vécu
•
Le Réel
Pas un territoire, pas une histoire ;
pas même celle ici qui le dit
Pas à l’écart
Au plus près, un pas de côté ;
en marge du récit, en marge du défini
Pas une chose en train d’exister
Avant tout représenté
Pas un potentiel qui attend d’être libéré
Achevé, complété avant même de commencer
•
De ne pas être à la manière que tout a d’être
absolument, unanimement, le Réel n’est pas
Le Réel, notre véritable identité
Avec la réalité ne partage aucune parenté
et pourtant dans la matérialité vient se refléter
•
Le Réel, de ne pouvoir le saisir
laissez-vous par lui sentir
Au cœur de soi on peut faire une trouée
se retourner, hors de soi déboucher
L’homme doit traverser le mirage de sa réalité
percevoir qu’en vérité jamais il n’est né
Qu’il est existé ; par lui-même rêvé
•
Localement un retournement s’est opéré ;
une réalité s’est agglomérée, s’est refermée
Que s’expérimente alors exister sans s’interposer
Y assister, lui prêter notre volonté
débarrassé d’une historicité, d’un mémorisé
•
D’exister , l’homme croit qu’il est vrai…
quand c’est parce qu’il a cru, qu’il est devenu !
•
Si vous voulez vous attraper vous n’allez rien trouver
“Vous” cette surface réfléchissante ne vous renvoie que votre propre reflet
“Je suis” n’est qu’une vérité autoconstituée, fabriquée
Si vous êtes, ce n’est que du fait de vous faire exister
•
Alerté sur cette fragile identité
voilà que pour se rassurer, l’homme s’est s’inféodé à la spiritualité
Dans une histoire pérenne s’est originé
Son Universalité,
la spiritualité s’en est parée, l’a singée
Son pouvoir,
l’en a détourné en lui faisant croire qu’il devait le regagner
Confit de paix et de félicité, toujours vous serez en surpoids ;
il reste ce trop qu’est le soi !
Votre véritable êtreté vous a été subtilisée
•
L’homme doit se retourner ;
se retrouver en ce qu’il est déréalisé de toute éternité
Recouvrer sa réelle identité en cela qu’il n’est pas
•
Si vous croyez n’être qu’en réalité
sur “exister” vous allez vous refermer,
l’accaparer, l’étouffer
Fragile identité qui demande à être sans cesse confirmée
•
L’homme est pour la plus grande part agi
Pensées, émotions, ressentis ne sont que scories
résidus d’une fusion qui n’a pas encore abouti
Énergie dissipée en marge de la Vie
•
L’homme doit se réveiller ;
se rappeler qu’il est bien avant…
Absent Vivant
Hors du temps, de toute éternité, toutes les histoires vous les précédez
Votre puissance vous la détenez de n’avoir aucune réalité
•
C’est parce qu’on sait ne pas être soi
que la sensation d’être qui on est, on peut bien l’habiter
L’accompagner un pas de côté
•
D’un côté il y a “sans vous” hors de tout ;
de l’autre côté la personne apparaît
Un mouvement de conscience et vous existez en réalité
L’Absence s’est s’informée ;
la Transparence s’est colorée
Le Réel dans la matière s’est reflété
•
La réalité ;
de la rêver, rêvons-la éveillé
Ne nous laissons pas par nous-même être rêvé
Notre conscience il faut la ramener;
qu’elle puisse éclairer l’instant toujours renouvelé où nous émergeons avec la réalité
Ce n’est pas ce rêve le posséder, le détourner pour se destiner
Ce n’est pas user d’une pensée ou d’un éprouvé pour s’imaginer
•
Réveillons-nous de nous
Laissons-nous par nous-même traverser
Laissons la fulgurance de l’Intelligence œuvrer
dans ce creuset où le Réel rencontre la réalité